POUR LA PREMIÈRE FOIS DANS LA RÉGION DE LUGANO
FRANCESCO 800
Acte unique pour quintette à cordes
Un voyage à travers la matière vivante du Cantique.
Il n’en raconte pas les vers, ne les cite pas, ne les met pas en scène :
il les laisse agir comme un écho, comme un principe générateur.
Le Cantique est le point de départ : non comme texte, mais comme regard.
Le regard qui voit la nature non comme un décor, mais comme une sœur.
Le regard qui reconnaît dans la lumière, dans le vent, dans la fragilité de l’homme
une même vibration, une même appartenance.
De ce regard naît un parcours qui traverse le gel,
la suspension, le réveil, la course de la lumière,
la blessure de l’histoire, la méditation, la plénitude.
Chaque pièce est un seuil.
Chaque geste est un passage.
Chaque son est un fragment d’un Cantique qui n’est pas prononcé,
mais qui se manifeste dans la manière dont les musiciens respirent,
se déplacent, se regardent, s’écoutent.
Le Cantique n’est pas cité : il est recréé.
Il n’est pas représenté : il est traversé.
Il n’est pas un texte du passé : il est une question du présent.
Et ainsi le quatuor devient une petite communauté en chemin,
un corps qui se transforme, qui s’ouvre, qui se blesse, qui se recompose.
Une communauté qui cherche la lumière non comme une fuite,
mais comme une possibilité de mieux voir.
Francesco 800 est un acte unique qui invite à reconnaître,
dans ce voyage sonore et physique,
la même merveille qui traverse le Cantique :
la merveille d’être partie prenante de quelque chose qui vit,
qui change, qui respire avec nous.
Ce n’est pas un hasard si ce parcours touche Gentilino,
où repose le poète et écrivain Hermann Hesse,
qui écrivit en 1904 Franz von Assisi
et choisit de vivre à Montagnola les dernières années de sa vie.
Vers une simplicité essentielle.
Vers une relation directe avec la nature.
Vers l’essence de l’âme, vers ce qui demeure invisible,
là où un lieu de silence et d’écoute
permet de continuer à interroger le monde.

